Depuis quelques temps, les sortants du Conseil Régional, je veux notamment parler des élus du MIM sont devenus de véritables champions en matière de finances publiques. Le bilan de leur mandature au Conseil Régional serait si élogieux, si épatant, qu’on pourrait se demander si les martiniquais qui il y a un an défilaient à Fort-de-France pour protester contre le cout de la vie, les bas salaires et le chômage et les difficultés de toute nature ne s’étaient pas tout simplement égarés.
Pourtant, les mêmes qui nous expliquaient avant la consultation du 10 janvier dernier qu’on ne pouvait rien faire dans le cadre actuel, que le système était usé jusqu’à la corde, que l’article 73 était totalement dépassé, que pour régler les problèmes des martiniquais, il fallait passer à l’article 74 viennent nous dire aujourd’hui qu’ils ont un bilan tellement merveilleux « qu’il suscite des convoitises » !!!!
Comment peut-on prétendre avoir un bilan positif aujourd’hui alors qu’il n’y a pas 1 mois, on disait exactement le contraire ? Silon van, latché poul panché dit le proverbe. Et bien, c’est le vent des 80% de martiniquais qui ont répondu « NON » aux prétentions de ceux qui croyaient représenter l’avenir du pays qui ka fè yo dépalé jodijou ! C’est la crainte de voir ces 80°% d’électeurs vouloir sortir les sortants qui leur font changer de langage.
Parler d’un bilan élogieux en ces temps où tant de martiniquais peinent à joindre les deux bouts est presqu’insultant. C’est assurément irresponsable ! Prenons quelques exemples.
Sur les comptes administratifs 2006, 2007 et 2008, le Conseil Régional a dégagé des excédents très significatifs :
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2006 |
2007 |
2008 |
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Excédent global |
46 571 318,94 € |
40 712 973,50 € |
28 265 666,51 € |
C’est considérable sachant que qu’un emprunt de 100 millions d’euros sur 15 ans coute 10 millions d’euros par an. La collectivité régionale avait la possibilité de mobiliser entre 100 et 200 millions d’euros ce qui n’entamerait qu’une partie de son bas de laine mais générerait de l’activité. Elle a choisi de ne pas le faire !
Combien d’emplois aurait-on pu créer en injectant judicieusement ces 100 ou 200 millions d’euros soit 650 à 1300 millions de francs, l’équivalent de 600 à 12 000 SMIC annuel dans l’économie du pays?
A moins que l’on considère qu’il n’y a rien à faire dans ce pays, pas d’école, d’équipements publics à réparer, à reconstruire ou à construire comme en Dominique ou à Grenade, pas de zones d’activité (artisanales, commerciales, industrielles, touristiques..) à réaménager ou à réaliser, pas de logements à réaliser (moins de 200 logement par an aujourd’hui), pas de jeunes et d’adultes à former………!!!! Ah mais j’oubliais, les élus de la majorité sortante du Conseil Régional juraient qu’on ne pouvait rien faire dans le cadre de l’article 73, donc ils n’ont rien fait!
Pourtant dans le même temps, les martiniquais sont mis à contribution par le biais des impôts et des taxes qui représentent 70% du budget régional. En matière d’impôts directes que tous les martiniquais connaissent, les montants perçus par la collectivité régionale au cours des années 2006 à 2008 sont les suivants :
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2006 |
2007 |
2008 |
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| Impôts directs |
17 084 982,00 € |
17 925 730,00 € |
18 917 311,00 € |
| % d’augmentation |
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4,92% |
5,53% |
Notons tout d’abord que lorsque le président du Conseil Régional affirme ne pas augmenter les impôts, c’est au mieux une erreur, au pire un mensonge puisque ces chiffres son tirés de ses propres comptes. 4,92% en 2007 et 5,53% en 2008, aucun salarié n’a vu son revenu augmenter autant !
Mais le plus grave que cet effort imposé aux martiniquais est totalement inutile puisqu’à l’arrivée, le Conseil Régional dégage des excédents 2 fois supérieurs au montant des impôts directs collectés ! Pas de quoi se vanter d’une bonne gestion lorsque le contribuable régional paye plus qu’il ne le devrait !
Comment le président sortant du Conseil Régional peut-il se vanter en qualifiant sa gestion de bonne, voire d’excellente alors que, durant sa mandature, il a exigé de chaque martiniquais des efforts sans que sa collectivité ne fasse le maximum pour soutenir l’activité, développer le pays et préserver l’emploi?
Il est temps que cela cesse et que le Conseil retrouve le rôle qui est le sien en matière de développement économique, social et culturel comme en matière d’aménagement du territoire.
Karl PAOLO

